Micro-entreprise ou SASU : charges, plafonds, protection sociale, fiscalité. Comparatif factuel pour choisir le bon statut en 2026.
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Vous lancez votre activité et vous hésitez entre la micro-entreprise et la SASU ? Ces deux options n'ont ni les mêmes coûts, ni les mêmes obligations. Le choix conditionne vos cotisations sociales, votre fiscalité et les possibilités d'évolution de l'activité. Ce comparatif factuel, chiffres 2026 à l'appui, pose les critères utiles pour avancer. Il faut aussi examiner l'entreprise individuelle au réel et l'EURL avant de décider.
Ce que sont réellement ces deux statuts
La micro-entreprise : simplicité avant tout
La micro-entreprise désigne ici le régime fiscal et social simplifié d'une entreprise individuelle. Elle n'a pas de personnalité juridique distincte de celle du créateur. Cela ne signifie pas que l'entrepreneur répond sans limite des dettes professionnelles sur ses biens personnels : le statut de l'entrepreneur individuel sépare automatiquement les patrimoines professionnel et personnel pour les créances concernées depuis le 15 mai 2022. Cette protection connaît des exceptions, notamment certaines créances fiscales ou sociales, la fraude et une renonciation encadrée au profit d'un créancier. Voir les règles de séparation des patrimoines sur Service Public.
L'immatriculation se fait sur le guichet unique de l'INPI. Elle est gratuite dans la plupart des cas, avec des exceptions comme l'inscription des agents commerciaux au registre spécial. Aucun capital social n'est requis. La comptabilité est allégée : livre de recettes, pièces justificatives et, pour certaines activités, registre des achats. Les formalités d'immatriculation et les registres obligatoires sont détaillés sur Service Public.
La SASU : une société par actions simplifiée unipersonnelle
La SASU est une société dotée d'une personnalité juridique propre. L'associé unique est distinct de la société et sa responsabilité financière est en principe limitée à ses apports. Des engagements personnels ou la responsabilité du dirigeant, notamment pour faute de gestion, peuvent toutefois exposer son patrimoine. La société dispose de statuts, d'un siège social et d'une comptabilité complète. Son président rémunéré relève du régime général de la Sécurité sociale en tant qu'assimilé salarié, sans assurance chômage au titre de son mandat.
La création nécessite notamment la rédaction de statuts, un dépôt de capital, une annonce légale et une immatriculation. Le capital peut être fixé à 1 €, mais il doit être cohérent avec les besoins du projet. Pour comparer les budgets, distinguez les frais réglementés des honoraires éventuels de rédaction et d'accompagnement. Les caractéristiques de la SASU sont présentées par Service Public.
Plafonds de chiffre d'affaires et seuils à connaître en 2026
Le plafond du régime micro et les seuils de franchise de TVA répondent à des règles distinctes. Le tableau suivant concerne les activités courantes de vente et de services en France ; des règles particulières existent notamment pour la location meublée, les activités mixtes et certaines professions.
| Catégorie d'activité | Seuil du régime micro pour 2026 | Franchise TVA : seuil de base / seuil majoré |
|---|---|---|
| Ventes de marchandises | 203 100 € HT | 85 000 € / 93 500 € |
| Prestations de services BIC | 83 600 € HT | 37 500 € / 41 250 € |
| Activités libérales BNC, hors régimes particuliers | 83 600 € HT | 37 500 € / 41 250 € |
Un dépassement du seuil micro pendant une seule année ne fait pas automatiquement perdre ce régime. La sortie intervient en principe au 1er janvier suivant deux années consécutives de dépassement. En début d'activité, un ajustement au prorata du temps d'exploitation peut être nécessaire. Consultez les conditions du régime micro-fiscal et les conséquences d'un dépassement.
Pour la TVA, dépasser le seuil de base entraîne en principe la perte de la franchise au 1er janvier suivant. Dépasser le seuil majoré la fait perdre dès le jour du dépassement. Un micro-entrepreneur peut donc facturer la TVA tout en restant au régime micro. Une SASU peut également bénéficier de la franchise si elle en respecte les conditions, ou opter pour la TVA. Les seuils et règles de franchise applicables en 2026 sont indépendants de la forme juridique.
La SASU n'a pas de plafond de chiffre d'affaires lié à sa forme juridique. Mais sortir du régime micro n'oblige pas à créer une SASU : poursuivre en entreprise individuelle au réel ou choisir une EURL fait aussi partie des possibilités.
Charges sociales et rémunération : le cœur du comparatif
Comparer uniquement des pourcentages peut induire en erreur, car les assiettes de calcul diffèrent.
En micro-entreprise
Les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires encaissé, sans déduire les frais professionnels. Pour les activités courantes en 2026, hors exonérations et situations particulières :
- Ventes de marchandises : 12,3 % du CA
- Prestations de services BIC : 21,2 % du CA
- Professions libérales relevant de la Cipav : 23,2 % du CA
- Autres prestations de services (BNC), hors Cipav : 25,6 % du CA. Cela correspond aux professions libérales non réglementées dans le tableau officiel du régime micro-social.
Ces taux sont ceux du régime micro-social en 2026. La contribution à la formation professionnelle s'ajoute : 0,1 % pour une activité commerciale, 0,3 % pour une activité artisanale et 0,2 % pour une activité libérale. Elle n'est pas comprise dans les taux ci-dessus, comme le précise la fiche officielle sur la CFP. L'impôt sur le revenu et les autres taxes éventuelles sont également à considérer séparément. L'Acre peut réduire temporairement les cotisations si ses conditions sont remplies.
Si le CA est nul, aucune cotisation proportionnelle n'est due dans le régime micro-social habituel. La déclaration reste obligatoire, et l'absence de recettes ne signifie pas l'absence de tous frais professionnels. Les droits liés à l'activité, notamment à la retraite, dépendent des cotisations versées.
En SASU
Les cotisations du président rémunéré portent sur sa rémunération. Elles comprennent une part salariale et une part patronale. Un pourcentage du chiffre d'affaires micro ne se compare donc pas directement à un pourcentage d'un salaire net. Pour chiffrer le coût total supporté par la société et le revenu disponible, utilisez le simulateur SASU de l'Urssaf, avec les mêmes hypothèses de recettes et de frais.
En SASU soumise à l'IS :
- Le président peut ne pas se rémunérer. Les bénéfices conservés restent soumis à l'IS, et l'absence de rémunération ne crée pas de droits sociaux par ce mandat.
- Des dividendes peuvent être distribués si les conditions légales sont réunies. Ils ont leur fiscalité propre et supportent des prélèvements sociaux, sans cotisations sociales de dirigeant ni droits sociaux correspondants.
- La rémunération ouvre des droits au régime général selon les conditions applicables. Le mandat social n'ouvre aucun droit à l'assurance chômage, même s'il est révoqué. Le président associé unique figure parmi les situations exclues de cette couverture par France Travail.
Tableau récapitulatif des cotisations sociales
| Critère | Micro-entreprise | SASU avec président rémunéré |
|---|---|---|
| Assiette principale | CA encaissé, sans déduction des frais | Rémunération du président |
| Calcul | 12,3 %, 21,2 %, 23,2 % ou 25,6 % selon l'activité, hors CFP | Cotisations salariales et patronales à simuler |
| Absence de CA ou de rémunération | Pas de cotisations proportionnelles avec un CA nul | Pas de cotisations sur le mandat sans rémunération |
| Régime de rattachement | Travailleur indépendant ; retraite selon l'activité, dont Cipav | Régime général, assimilé salarié |
| Maladie et indemnités journalières | Droits et conditions à examiner selon l'activité et les revenus | Droits et conditions à examiner selon la rémunération |
| Retraite | Droits selon les recettes et cotisations | Droits selon la rémunération et les cotisations |
| Assurance chômage au titre de l'activité ou du mandat | Pas de cotisation à l'assurance chômage | Pas de cotisation à l'assurance chômage au titre du mandat |
Une couverture ne se déduit pas du seul nom du statut. Comparez les droits concrets, les conditions d'ouverture et les garanties complémentaires utiles à votre situation.
Fiscalité de l'impôt sur le revenu et sur les sociétés
Micro-entreprise : IR avec abattement forfaitaire
Pour les activités courantes présentées ici, le bénéfice imposable est calculé par abattement sur le CA :
- 71 % pour les ventes de marchandises
- 50 % pour les prestations de services BIC
- 34 % pour les activités libérales BNC
Ce bénéfice forfaitaire rejoint les autres revenus du foyer fiscal pour le calcul de l'IR au barème progressif. Un versement libératoire est possible sur option et sous conditions. Des règles propres s'appliquent notamment à la location meublée. Les règles déclaratives et abattements sont expliqués par le ministère de l'Économie.
Les frais réels et les amortissements ne sont pas déduits en plus de l'abattement. Si vos charges sont élevées, l'entreprise individuelle au réel mérite donc une comparaison avec la micro, la SASU et l'EURL. Cela ne prouve pas, à lui seul, qu'une société serait globalement moins coûteuse : il faut intégrer les cotisations, les frais de gestion et l'imposition du foyer.
SASU : IS ou IR sur option encadrée
La SASU relève par défaut de l'IS au taux normal de 25 %. Le taux réduit de 15 % porte sur les premiers 42 500 € de bénéfice, pour une période de douze mois, lorsque les conditions sont remplies : CA HT au plus égal à 10 millions d'euros, capital entièrement libéré et détenu à au moins 75 % par des personnes physiques ou une société répondant au critère prévu. Ce taux réduit n'est donc pas automatique. Voir les taux et conditions de l'IS.
Sous réserve des règles de déductibilité, une rémunération du président constitue une charge de la société et est imposée chez son bénéficiaire. Les bénéfices laissés dans la société supportent l'IS ; une distribution ultérieure entraîne sa propre imposition. Garder des bénéfices en société ne garantit donc pas une économie fiscale globale.
Une option temporaire pour l'IR est possible : elle prend fin au bout de cinq exercices et ne peut pas être renouvelée. La société doit notamment avoir moins de cinq ans à la date d'ouverture du premier exercice auquel l'option s'applique, exercer une activité éligible, ne pas être cotée, employer moins de 50 salariés et respecter les conditions de taille et de détention des droits de vote. L'article 239 bis AB du Code général des impôts précise la date d'appréciation de cette condition d'âge. Sous ce régime, le résultat est imposé chez l'associé, même s'il n'est pas distribué. Ce n'est pas une option réservée nécessairement aux cinq tout premiers exercices.
Les critères décisifs pour choisir
Voici les principaux éléments à peser avant de décider :
- Niveau de CA anticipé : si vous approchez le seuil micro, préparez la suite et comparez plusieurs solutions. Un dépassement n'impose pas la SASU.
- Nature des charges réelles : si les frais sont faibles, la simplicité du régime micro peut être utile. Avec des frais importants, comparez un régime au réel, en entreprise individuelle ou en société.
- Attentes des clients : vérifiez les exigences des contrats visés, sans présumer qu'une société serait toujours mieux acceptée qu'une entreprise individuelle.
- Patrimoine et garanties : le régime de l'entrepreneur individuel protège aussi le patrimoine personnel dans les conditions prévues. Examinez surtout les engagements demandés et les exceptions applicables.
- Projet d'entrée d'associés : l'entreprise individuelle ne permet pas d'accueillir des associés. Une SASU peut devenir une SAS à plusieurs associés par entrée au capital, sans changement de forme juridique.
- Disponibilité administrative : la SASU implique notamment une comptabilité complète, des décisions de l'associé et un dépôt des comptes. Les obligations de TVA dépendent du régime applicable. Le recours à un expert-comptable est utile, sans être systématiquement obligatoire.
- Protection sociale souhaitée : comparez les prestations et la rémunération nécessaire pour ouvrir les droits, plutôt que d'affirmer qu'un régime serait toujours supérieur.
- Fiscalité du foyer et trésorerie : distinguez le revenu dont vous avez besoin personnellement des sommes à réinvestir, en tenant compte de l'imposition de leur sortie future.
Une voie intermédiaire consiste à conserver l'entreprise individuelle en optant pour un régime réel si elle y est éligible. La création d'une société n'est donc pas la seule manière de faire évoluer son activité. Le ministère de l'Économie détaille les situations dans lesquelles changer de régime micro.
Ce que peut faire RH Consulting pour vous accompagner
RH Consulting n'est pas un cabinet d'avocats ou d'expertise comptable. Son périmètre d'intervention est celui de l'information juridique et de l'accompagnement organisationnel.
Concrètement, votre conseiller RH Consulting peut :
- Rassembler et ordonner les éléments de votre situation, secteur, CA prévisionnel, charges estimées et situation fiscale du foyer, pour préparer une réunion avec un professionnel habilité
- Vous expliquer les étapes et les formalités de création à partir des informations publiques
- Réaliser des calculs indicatifs à partir des barèmes publics pour illustrer les écarts entre les options
- Vous fournir des modèles de questions à poser à votre expert-comptable ou à votre avocat
- Vous orienter vers le professionnel habilité adapté à la rédaction des statuts, à l'analyse de la structure ou au prévisionnel fiscal
L'analyse juridique de votre situation et la validation du choix de structure doivent être confiées à un professionnel habilité dans son domaine d'intervention.
FAQ : micro-entreprise ou SASU, vos questions fréquentes
Peut-on passer de la micro-entreprise à la SASU facilement ?
Le passage est possible, mais une entreprise individuelle ne devient pas automatiquement une personne morale. Il faut créer la société et organiser la reprise de l'activité, notamment par apport ou cession selon le projet. Les contrats, biens, dettes et conséquences fiscales doivent être examinés avant toute cessation. Service Public présente le passage d'une entreprise individuelle en société par apport.
La SASU est-elle vraiment plus coûteuse que la micro-entreprise ?
Elle comporte davantage de formalités et une comptabilité plus complète. Le coût global dépend toutefois des frais, de la rémunération, de la fiscalité et des droits recherchés. Une hausse du CA ne rend pas automatiquement la SASU plus avantageuse. La comparaison a besoin d'un prévisionnel précis, incluant aussi l'entreprise individuelle au réel et l'EURL.
Le président de SASU peut-il percevoir le chômage après la fin de son mandat ?
Le mandat social, même rémunéré, ne crée aucun droit à l'assurance chômage. Le président associé unique ne peut pas compter sur la révocation de son mandat pour ouvrir des droits à ce titre. Des droits acquis au cours d'un emploi salarié antérieur peuvent éventuellement subsister selon leur situation propre ; leur maintien ou leur reprise se vérifie auprès de France Travail.
Un micro-entrepreneur peut-il récupérer la TVA sur ses achats ?
Il ne peut pas la déduire tant qu'il bénéficie de la franchise en base. En cas d'option pour la TVA ou de sortie de la franchise, il peut déduire la TVA sur les achats qui remplissent les conditions légales. Cette évolution reste compatible avec le régime micro tant que les conditions de ce dernier sont respectées.
Conclusion : trois points actionnables avant de décider
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Calculez votre bénéfice réel estimé et votre revenu disponible. Comparez le CA, les frais, les cotisations, l'IR et, le cas échéant, l'IS et l'imposition des distributions. Le seul écart entre frais réels et abattement micro ne suffit pas à trancher.
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Suivez séparément le seuil micro et la TVA. Un passage à la TVA ne vous oblige pas à créer une SASU. Si une sortie du régime micro se prépare, chiffrez l'entreprise individuelle au réel, l'EURL et la SASU selon vos besoins.
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Préparez une consultation avec un professionnel habilité. Rassemblez vos prévisions, besoins de revenu, investissements et projets d'association. Votre conseiller RH Consulting peut vous aider à préparer cette réunion et à formuler les questions utiles.
Cet article est publié à titre d'information générale. Il ne remplace pas un accompagnement personnalisé.
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