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Chômage après démission : les 5 cas où France Travail vous indemnise

Publié le 8 juin 2026 · Mis à jour le 23 septembre 2026 · 7 min de lecture

Vous pensez que démissionner vous prive des allocations chômage ? Pas toujours. Découvrez les 5 situations légales où France Travail vous indemnise après une démission en 2026.

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La croyance est répandue : si vous démissionnez, vous ne touchez pas le chômage. C'est vrai dans la majorité des cas, mais la loi prévoit des exceptions précises, et elles concernent bien plus de salariés qu'on ne le pense. En 2026, plusieurs milliers de personnes sont indemnisées chaque année par France Travail malgré une démission. Voici les 5 cas reconnus.

Le principe général : démission = pas d'ARE

L'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE) est réservée aux salariés involontairement privés d'emploi. Une démission volontaire ne remplit pas cette condition, sauf dans les cas listés ci-dessous.

Si votre démission ne correspond à aucun de ces cas, vous pouvez toutefois déposer une demande de réexamen après 4 mois de chômage non indemnisé (voir cas n°5).

Cas n°1 : Suivi du conjoint qui change de lieu de résidence

Vous pouvez démissionner et percevoir l'ARE si votre conjoint (époux, partenaire PACS, ou concubin) change de lieu de résidence pour exercer un nouvel emploi, et que ce déménagement rend impossible la poursuite de votre propre emploi.

Conditions :

  • Le déménagement doit être lié à un changement d'emploi du conjoint (pas un simple choix de vie)
  • Votre emploi doit effectivement être incompatible avec le nouveau lieu de résidence (en pratique : plus de 2h de trajet aller-retour par exemple)
  • Vous devez vous inscrire à France Travail dans les 12 mois suivant la démission

Pièces à fournir : contrat de travail du conjoint ou attestation employeur mentionnant le nouveau lieu, justificatif du déménagement, vos propres justificatifs d'emploi.

Cas n°2 : Impayés de salaire

Si votre employeur ne vous a pas payé tout ou partie de vos salaires, et que vous avez quitté l'entreprise pour ce motif, la démission est considérée comme légitime.

Conditions :

  • Les impayés doivent être démontrés (fiches de paie vs virements bancaires, ou absence de fiches de paie)
  • Une mise en demeure préalable de l'employeur (par lettre recommandée avec AR) n'est pas une condition fixée par la réglementation d'assurance chômage, mais elle reste utile : elle prouve votre réclamation et appuie votre demande devant le conseil de prud'hommes
  • Vous devez justifier d'une décision du conseil de prud'hommes (en pratique, une ordonnance de référé) condamnant l'employeur à vous verser les salaires dus : sans elle, la démission n'est pas reconnue comme légitime

Attention : une retenue sur salaire contestée mais discutée ne suffit pas. Il faut un impayé caractérisé.

Cas n°3 : Démission pour un projet de reconversion professionnelle (CPIR)

Depuis le 1er novembre 2019, un salarié peut démissionner pour mener à bien un projet de reconversion professionnelle et percevoir l'ARE.

Conditions strictes :

  • Justifier d'au moins 1 300 jours travaillés continus au cours des 60 mois précédant la démission (un ou plusieurs employeurs) et démissionner d'un CDI
  • Avant la démission, être accompagné par un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP), service gratuit assuré par des opérateurs agréés, puis faire attester le caractère réel et sérieux du projet par la commission paritaire interprofessionnelle régionale (Transitions Pro)
  • Le projet vise soit une reconversion professionnelle nécessitant une formation qualifiante, soit la création ou reprise d'une entreprise

Procédure :

  1. Consultez un CEP avant de démissionner (démarche obligatoire)
  2. Obtenez de Transitions Pro (CPIR) l'attestation du caractère réel et sérieux du projet
  3. Démissionnez, puis inscrivez-vous à France Travail et déposez votre demande d'ARE dans les 6 mois suivant la notification de l'attestation
  4. Joignez à votre demande d'ARE l'attestation délivrée par Transitions Pro

Le droit à l'ARE est alors ouvert dans les conditions de droit commun, comme après un licenciement : durée d'indemnisation calculée selon votre durée d'affiliation (périodes d'emploi sur la période de référence), montant calculé sur le salaire de référence.

Cas n°4 : Violences conjugales

La démission d'un salarié victime de violences conjugales qui l'obligent à changer de résidence est reconnue comme légitime par la réglementation d'assurance chômage, ce qui ouvre droit à l'ARE.

Condition : justifier d'un dépôt de plainte pour ces violences, en joignant le récépissé du dépôt de plainte à votre demande d'allocation.

Cette disposition vise à protéger les personnes contraintes de quitter leur emploi pour des raisons de sécurité liées à leur situation personnelle, changement de ville, mesures d'éloignement, etc.

Cas n°5 : Réexamen après 4 mois de chômage non indemnisé

Si votre démission ne correspond à aucun des cas précédents, vous n'êtes pas indemnisé immédiatement. Mais après 121 jours (environ 4 mois) de chômage non indemnisé, vous pouvez demander un réexamen de votre situation à France Travail.

France Travail examine alors si vous avez accompli des démarches actives de recherche d'emploi et si votre situation justifie une ouverture de droits. Ce réexamen n'est pas automatique : il doit être demandé explicitement et accompagné de preuves de vos recherches (candidatures envoyées, entretiens passés, formations suivies).

La commission peut décider d'ouvrir vos droits à l'ARE. Cette possibilité est peu connue, et donc rarement demandée.

Les montants de l'ARE en 2026

L'ARE est calculée sur la base du salaire journalier de référence (SJR), lui-même calculé sur les salaires bruts des 24 derniers mois (ou 36 mois à partir de 55 ans).

Formule de calcul simplifiée :

  • La partie fixe : 13,18 € par jour (montant en vigueur depuis le 1er juillet 2025, non revalorisé au 1er juillet 2026)
  • La partie variable : 40,4 % du SJR
  • Si la somme de ces deux parties est inférieure à 57 % du SJR, c'est ce montant de 57 % qui est retenu. L'allocation ne peut pas dépasser 75 % du SJR et ne peut pas, en principe, être inférieure à 32,13 € par jour

En pratique, pour un salarié gagnant 2 500 € brut/mois :

  • SJR ≈ 82 € (2 500 × 12 / 365)
  • ARE : 13,18 + (40,4 % × 82) ≈ 46,31 €, inférieur à 57 % × 82 ≈ 46,74 € : c'est donc ce second montant qui s'applique, soit environ 46,74 € brut par jour (environ 1 400 € brut pour un mois de 30 jours, avant prélèvements sociaux)

La durée d'indemnisation dépend de la durée d'affiliation (cotisations) :

  • En principe, durée d'indemnisation = durée d'affiliation (en jours calendaires sur la période de référence) × 0,75, avec un minimum de 182 jours (environ 6 mois)
  • Durée maximale (hors compléments éventuels) : 548 jours (environ 18 mois) avant 55 ans, 685 jours (environ 22,5 mois) à 55 et 56 ans, 822 jours (environ 27 mois) à partir de 57 ans, pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2025

Note : la réduction de 25 % des durées d'indemnisation (coefficient 0,75) a été introduite par le décret n° 2023-33 du 26 janvier 2023, pour les fins de contrat depuis le 1er février 2023. Les bornes d'âge de 55 et 57 ans résultent de la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024, qui a décalé de 2 ans les anciennes bornes (53 et 55 ans) pour les fins de contrat depuis le 1er avril 2025.

Ce qu'il faut faire dès maintenant si vous envisagez de démissionner

Ne démissionnez pas avant d'avoir vérifié votre situation. Une démission précipitée dans un contexte qui pourrait ouvrir droit à l'ARE vous coûte des mois d'indemnisation.

Avant tout, posez-vous ces questions :

  • Ma situation correspond-elle à l'un des 5 cas ? (suivi conjoint, impayés, reconversion CPIR, violences, réexamen)
  • Est-ce que mon employeur ne préférerait pas une rupture conventionnelle, qui m'ouvrirait automatiquement les droits ? (Le salarié peut en prendre l'initiative)
  • Existe-t-il un motif légitime de prise d'acte de rupture si l'employeur a manqué à ses obligations ?

Un entretien préalable avec un conseil permet souvent d'identifier une voie plus avantageuse que la simple démission.

Ce contenu est fourni à titre informatif. Il ne remplace pas un accompagnement personnalisé. Chaque situation est unique : consultez un professionnel avant toute décision.

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